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Un week-end dans l’atelier de Yaroslav Gorbanevsky

Ninon Nivelle 11 juin 2009 A la une 4 Comments

Dans le cadre des

JOURNEES PORTES OUVERTES

DES ATELIERS D’ARTISTES

DU QUATORZIEME ARRONDISSEMENT

SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUIN

YAROSLAV GORBANEVSKY

Vous invite à voir ses tableaux, dessins, gravures

et les derniers paysage ramenés de Normandie !

A son atelier au 25, rue Decrès, Paris 14

M° Plaisance - tel. : 01.42.79.05.83

Samedi 13 Juin de 14h30 à 20h00 - Dimanche 14 Juin de 11h00 à 19h00

Eh oui !! Paris, ville lumière : on peut y rencontrer des gens qui s’appellent Yaroslav Gorbanevsky.

C’est quand même autre chose que Jean Dupont (ceci dit avec le plus profond respect pour les Jean Dupont).

Bref.

Qui est Yaroslav Gorbanevky? Eh bien, une interview, qui sera suivie, j’espère, par plusieurs autres, vous en apprendra un peu plus. C’est un peintre, d’origine russe, installé à Paris depuis longtemps, que je connais également depuis longtemps, et qui participe à la journée portes ouvertes des ateliers d’artistes du XIVème arrondissement. Et donc, suivez sans hésiter mon conseil, précipitez vous dans l’atelier de cet artiste-là.

Pourquoi? C’est assez difficile à expliquer. Chacun peut mettre ce qu’il veut dans un tableau, plus on y met de choses et mieux c’est, je crois. Moi, je rentre dans les tableaux et je m’y promène, comme Mary Poppins. On peut faire ça dans un musée, ce qui permet des voyages intéressants ; mais si l’on se rend chez un artiste, qu’on lui achète une toile, on pourra passer ensuite tous les jours devant, et tous les jours, on passera un petit moment dans cet autre monde.

Un petit peu tous les jours, on passera sous l’arbre, en pensant à des vacances qu’on a vécu, des promenades qu’on a faites ; ou à des vacances qu’on n’a pas vécu, à des promenades qu’on n’a pas faites. Un peu peu d’impalpable, dans un monde de brute. On croit que c’est compliqué, mais c’est très facile. Il suffit d’emporter un petit morceau d’un autre univers chez vous, et ensuite, chaque jour, ce petit morceau d’univers se déverse en vous, par petites touches.

Donc, si vous allez chez Yaroslav Gorbanevsky ce week end, vous pourrez découvrir un autre monde. Selon une source fort proche de l’artiste, l’un des murs de son atelier est couvert de natures mortes, et l’autre de paysage. Allez donc voir si l’un de ces paysages, l’une de ces natures mortes, ne va pas vous parler votre propre langage? Vous serez peut-être surpris de ce qu’un tableau peut vous apprendre sur vous-même… mais il faut essayer pour comprendre.

(Yaroslav Gorbanevsky)

Quelques questions à Yaroslav Gorbanevky :

D’où te vient le goût de la peinture?

Il est venu en peignant ou plutôt en dessinant. Je me suis engagé sur un chemin que je n’imaginais pas vraiment par avance.

Comment l’as-tu décidé, à partir de quoi, comment cette décision ou ce goût s’est-il imposé à toi? Comment t’es tu formé?

Eh bien, au début c’était amusant de composer des images comme des vrais peintres. J’en ai aussi connu qui me semblaient vivre une vie bien spéciale.

Et après j’ai eu un coup de pouce du destin. Alors que j’étais un adolescent attardé faisant des petits boulots (manutentionnaire, coursier etc…) une amie de ma mère m’a emmené dans une école d’arts graphiques. C’était vers le mois de mai, l’année se terminait, on m’y a admis et j’ai pu goûter aux plaisirs du dessin et de l’illustration. Bien entendu, je n’ai pas pu passer en année supérieure, ni d’ailleurs reprendre la première année au début (c’était trop cher). Mais je pensais à m’organiser pour la faire.

Quelques années plus tard, j’ai travaillé comme caissier de nuit au supermarché AS ECO près de Beaubourg (il était ouvert 24h/24) et j’ai économisé de quoi payer le premier trimestre et même un peu plus.

Et je me suis inscrit!

L’école d’arts graphique (en fait, c’était le cours préparatoire Met de Penninghen), c’était le pied. On y dessinait des natures mortes de toutes sortes d’objets, des copies de sculptures antiques (des plâtres), du modèle vivant nu et habillé. C’est passionnant. C’est là que j’ai été mordu pour la vie.

Et c’est là que j’ai eu un GROS coup de pouce du destin. Arrivé au mois de février de la première année, je me suis aperçu que je n’avais plus d’argent pour payer l’école… En plus, c’était la déprime de février. Et c’est là que Met de Penninghen lui-même m’a proposé une bourse! Qui consistait en la gratuité de cette école.

Et donc, j’ai fait 4 ans d’arts graphiques. 2 années préparatoires et 2 années d’école supérieure.

Depuis, je peins.

Tu es né en Russie : quand l’as-tu quitté? dans quel contexte ? Considères-tu que tu es français, russe, ou parisien? les trois?

Je suis né en 1961, j’ai quitté l’URSS (à l’époque, ce n’était pas la Russie) à 14 ans, en 1975. C’est ma mère qui était une dissidente qui en gros a été virée. Pour moi, ça a été la super aventure. L’Occident!

Je me considère russe : ma langue natale est le russe, mon enfance est passée en Russie, les premiers parfums, les premières lumières, couleurs et images sont là-bas. Les premiers amis. Ma grand-mère.

Je me considère comme français : pas complètement mais pour une bonne part déjà. Ma première mobylette, ma première moto, mes amis et mes aventures d’adolescent, c’est ici. Mon école de dessin, mes profs de dessin et mes amis de l’école de dessin, c’est ici. Le grand peintre auquel je peux me référer (auquel se référent tous ceux qui ont peint après lui), c’est un français, c’est Paul Cézanne.

Quels thèmes te touchent particulièrement ?

Tous les thèmes classiques de la peinture avec un goût pour les oignons et les pommes dans les natures mortes ainsi que des verres d’eau claire où baigne la lumière (j’ai vu ça pour la première fois chez Chardin). Et aussi… Si je commence je n’arrêterais plus.

4 Comments »

  1. Quoi, un artiste qui ne fait pas dans le conceptuel? Ca existe encore? Eh bé, ça me la coupe !!! Et si on trouve ça beau, on est ringard? Tant pis, alors, j’assume ma ringardise et je ne regrette qu’une seule chose : ne pas vivre à Paris pour aller voir cette expo dont je subodore qu’elle recèle de merveilleuses promenades.

  2. Oui, ça existe !!! Et c’est pour ça que je l’aime bien ! J’adore les natures mortes, alors que les chaises tordues peintes en rose, j’adhère peu.

  3. Y a pire que les chaises tordues roses ! Il existe à Rabat une fondation magnifique qui s’appelle “la Villa des Arts”. Elle abrite un des 6 musées virtuels du monde, c’est dire l’importance de la fondation… Le lieu est sublimement beau de tranquillité, de zénitude : deux villas coloniales, jointes par un parvis au fond duquel a été construit un petit amphithéâtre, un jardin de fontaines au milieu d’une pelouse d’un vert presqu’irréel, bref un truc que si on me proposait d’aller y bosser, je dirais pas non!
    Un seul hic dans l’affaire, leur expo permanente, incompréhensible : des barbouillis, des coulures de couleur, des choses qu’on appelle maintenant de l’art. J’attends que quelqu’un vienne me dire ce qui différencie aujourd’hui l’art du “pazart”, l’art du ba(s)zar, la création artistique du foutage de gueule. Je mets au défi quiconque de me faire comprendre et accepter l’inesthétisme et l’informe comme formes artistiques.

  4. Ca me rappelle les peintures de ma petite mère…

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