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lundi
nov.282011

Avant de me déchausser...

Avant de me déchausser de cet escarpin qui a supporté mes humeurs et pieds de nez pendant plusieurs années, je me devais de vous dresser une petite liste des dernières choses qu'il m'a été donné de tester, découvrir, lire, goûter et aimer avant Noël, des choses que j’ai adorées en tant que maman et que je n’ai pas eu le temps de vous présenter.

Si une bonne fée voulait se pencher sur mon logis, je souhaiterais cette année qu'elle souffle à l'oreille du Père Noël[1] quelques idées pratiques qui me faciliterait vraiment la vie. Un Dyson[2], une femme de ménage (2 fois par mois. Suis même pas gourmande), une limo avec chauffeur pour les trajets d’école, une centrale-vapeur pour repasser tout ce qui traîne au fond du panier à repassage depuis des semaines, un lave-vaisselle pour nous cinq, un robot pour les petits plats de la Lulu et Miette[3]. Ah non, j’ai déjà. J’ai eu la chance de tester ces derniers mois le MaxiSaveurs de Philips Avent et ne vous en avais pas encore parlé. C’est incroyablement pratique pour cuisiner les petits plats de bébé en quelques minutes sans pour autant devoir me casser la tête à essayer de concilier le repas des grands et celui de la petite dernière. Avec, on m’a offert un lot d’assiettes délicieusement craquantes que les grands partagent avec la Lulu. Miette a appris à compter sur leurs rebords cet été, Septpommes fait le bébé et réinvente des histoires avec les motifs[4]. Quant à la Lulu, elle tape, tape, tape jusqu’à la fin du repas sur la table avec la sienne dès qu’elle est vide. C’est…. Reposant.

Je voudrais, pour ma part, que la petite fée demande au père Noël de m’apporter mille et un cahiers et un megapack de Pilot. Vous savez que je suis raide dingue de ces stylos qui m’accompagnent depuis que je suis ado. Et bien, j’ai envie d’écrire à mon rythme jusqu’à ce que la Lulu entre à l’école et si le père Noël devait m’apporter un cadeau cet hiver ce serait de me laisser un peu de temps pour écrire et un nouvelle coupe de cheveux que, oui, je vais garder courts pendant quelques temps encore.

Question lecture, je vous conseille, mesdames, Rien n’est trop beau de Rona Jaffe qui relate la vie de jeunes femmes travaillant dans une grande maison d’édition dans les années 60. Vous apprécierez si vous êtes fan de la série Mad Men. Du domaine des murmures et Le Cœur cousu, tous deux écrits par Carole Martinez, sont également des cadeaux magnifiques.

Je ne sais si c’est ringard d’offrir aussi souvent que moi des livres mais j’aime l’idée de contredire Ikea chez qui on réduit la taille des bibliothèques parce que les consommateurs lisent moins…

D’ailleurs, les enfants cette année ne vont pas être en reste. Chez Gallimard Jeunesse et Hélium, il y a de quoi faire briller leurs petits yeux et leurs méninges. Le petit théâtre d’ombres est de loin le cadeau que je recommande depuis l’année dernière à toutes les mamans qui ne savent que faire de leurs loups quand la pluie s’abat sur leurs possibilités de sorties. La collection « dessiner avec… » les grands peintres du centre Pompidou (Picasso, Matisse, Klee, Dubuffet Kandinsky) est excellente pour leur faire découvrir de nouvelles perspectives en dessin.

Parmi les belles histoires que Septpommes et Miette ont découvert ces derniers mois, on retrouve des ours et des ogres ainsi qu’une plongée dans l’imaginaire des grands enfants avec : Philomène et les ogres[5], Lumignons, Une chanson d’ours, J’ai un ours (moi aussi mais à poils gris), Le petit prince et la planète de l’astronome (Septpommes en est fou), Ecoutez chanter les drôles de petits oiseaux (mon pull vous en reparlera dans peu de temps) ainsi que deux belles productions de Pittau & Gervais : Pour aller loin, un livre puzzle adorable pour ceux qui voyagent avec leurs petits doigts et Visite au zoo avec des autocollants, des fenêtres à soulever, des animaux à deviner… Vraiment, je ne pourrais imaginer un Noël sans livres, sans histoires féeriques ni romance.

Je m’en vais en cette fin d’année vers moins de virtuel et plus de réel. J’espère que vous me comprenez et ne m’en voudrez pas d’ainsi me déchausser. Mon vieux pull prendra la relève sur internet quand il trouvera le temps de bouger ses paresseuses mailles jusqu’au clavier.

 

Pour ma part, je file. Pas comme un vieux collant qui s’effile mais comme une femme qui a rendez-vous avec son homme, ses enfants, elle-même, ses rêves, ses envies et ses besoins qu’elle a tant négligés ces dernières années.

 

Je vous embrasse et comme je n’aurais pu boucler la boucle sans lui[6], je vous laisse avec cet extrait du système Victoria écrit par Eric Reinhardt avant de totalement refermer ce blog. Un hommage à l’écrivain et à vous toutes également.

Snifouille.

« Son regard possédait l’évidence d’un théorème, je le trouvais complexe mais son ampleur me transmettait la sensation de pénétrer dans une matière d’une grande douceur, suave, presque de chair, comme du velours, un velours vert. Je revois son sourire éperdu, immobile, où brillaient par moments des lueurs de tristesse. Elle était, il me semble, plusieurs femmes simultanées, vive, grave, tragique, allègre, puissante et enfantine…»

A vous toutes, les vives, les graves, les tragiques, les allègres, les puissantes, les enfantines, je souhaite une magnifique fin d’année.

 

 

 


[1] Vous croyez qu’une fée se risquerait vraiment à se geler les ailes au pays du Père Noël ?

[2] L’aspirateur, pas l’homme. Je n’ai plus assez de chambres chez moi

[3] Oui, Miette régresse question purées maintenant que sa sœur mange des courgettes mixées avec du fromage frais alors qu’elle – quelle horreur – doit se taper les rondelles et les pépins ! pff….

[4] Un plus pour ces petites assiettes délicieuses qui me font tant craquer : le dessous est anti-dérapant. Les mamans qui ont déjà vu valser maints bols de soupe comme si elles prenaient le ferry en plein hiver comprendront…

[5] Je rappelle au passage que je n’ai aucune action chez Decitre mais je vous ai mis les liens vers chaque livre dans leur boutique en ligne car j’aime la librairie Decitre de ma ville et la présentation de leur site),

[6] Oui, je l’avoue : c’est lui qui m’a inspiré il y a des années le titre du Théorème de l’escarpin.



mardi
oct.112011

L'art de ne plus subir et de prendre des décisions

J'étais quelque peu absente la semaine dernière, happée par le quotidien mais aussi par mes réflexions sur mes envies et besoins. A force de discuter avec mes amies de leur envie de changer de vie, je ne peux que me questionner sur la mienne.

 

Et l'escarpin que je ne porte plus que très mal depuis longtemps va retourner prendre la poussière sous mon lit  tandis que mon pull ira jouer avec mes mots dans une armoire bien à lui (ma fameuse "chambre à moi" :-)).

Je vous en reparle dès que j'ai une minute.

Très belle semaine à tous !

 

mardi
oct.042011

L'art de vivre sa vie ou de la subir

Que répondez-vous quand on vous demande si vous allez bien alors qu'il fait beau, que vous êtes en bonne santé, que vos enfants brillent comme des soleils, que vous avez un mari présent, doux et aimant ?

Que tout va à merveille, évidemment. Et votre mari répondra de même s'il est galant.

Pourtant, un échange de regards presque imperceptible par notre interlocuteur nous rappelle parfois qu'il manque un ingrédient à ce bonheur, un petit quelque chose qu'on aurait tort de citer tant il paraît vulgaire de nos jours.

La certaine réalisation de quelques ambitions dont on ne peut se dire frustrer puisque son absence est adoucie par les joies que procure notre amour.

La semaine dernière, j'en faisais part à mon amie qui vient de se réinscrire à Pôle Emploi après 15 ans "hors circuit" à élever (et fort bien !) ses 4 ans. "C'est pareil", m'a-t-elle répondu, en m'offrant un bout de baguette croustillante sur la route. "J'ai une belle vie mais j'ai l'impression de la subir. Tu comprends ? Subir ma vie. Et là, j'ai envie de la vivre."

C'est comme la pluie: on peut la vivre ou la subir :-) Et elle m'inspire tellement avec son chapeau de pluie à pois que j'ai envie de m'offrir avant les déferlantes de vendredi un chapeau de pluie à l'élégance désuette, histoire de ne pas la subir sous la capuche de ma parka mais de bel et bien la vivre, cette première pluie d'automne ;-)

 

*chapeau de pluie Nathalie Lété pour Monoprix

dimanche
oct.022011

Carole Martinez aurait-elle cousu le coeur d'un homme ?

Chères pointures, amis de mailles et de chairs, lecteurs célèbres (hum, hum...) ou anonymes,

me voici bien lyrique en ce dimanche après-midi !

C'est que j'ai reçu dans une boîte aux lettres que je ne consulte que trop rarement un message exquis qui m'a ravi le coeur pour la journée. C'était le commentaire de Dominique, un amoureux des bons mots et des livres, qui me faisait partager son appréciation du Coeur Cousu (vous savez que je le conseille à qui veut bien m'entendre...) après l'avoir lu.

En voici quelques extraits que je publie ici avec sa permission:

 

Des quelques modestes récompenses reçues par ce roman, je retiens le prix Ouest France Étonnants Voyageurs (2007). J’apprécie ce concept littéraire d’“étonnants voyageurs” mais là n’est pas la question : je veux relever les deux mots distinctement. Étonnant : quel livre étrange, premier roman d’une inconnue qui d’entrée nous subjugue par un style époustouflant qui conjugue imagination débridée et écriture originale… Voyageur : c’est à un voyage épique qu’elle nous convie, à travers l’Espagne et le Maroc, pour suivre sur plusieurs décennies le destin d’une mère et de ses enfants qui perpétuent une lignée de femmes du petit peuple se transmettant depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse…

(...)

La mère est une couturière aux doigts d’or, elle coud le tissu, la peau et l’âme ; quand elle assemble ses bouts de chiffon pour créer une robe de mariée ou offrir un drapeau à la révolte des paysans, le modeste matériau devient chef d’œuvre de forme et de couleur… C’est la grâce extraordinaire de ce livre d’accorder la capacité “fantastique” de la romancière à imaginer et le caractère sublime de son écriture. Arrivé à ce point de mon commentaire, je dois dire ma frilosité à ce genre de littérature : contes et légendes me convainquent rarement et m’indisposent souvent… Ce livre est un miracle, un miracle de style !

 

Dominique Léger


Retrouvez l'intégralité du commentaire de Dominique sur myboox.

vendredi
sept.302011

De l'art d'exister auprès des copines

Jeudi, 16h28:

G: Ca y est, tu as ressorti les tenues d'été ?

Moi (je venais de me battre avec ma penderie et mes bourrelets): Mouais. M'enfin, je n'ai plus grand-chose à me mettre. C'est de pire en pire. J'en ai marre !

G: Ah, c'est vrai ? Tu veux que je te donne quelques affaires ?

Moi (qui vérifie d'un rapide coup d'oeil qu'elle fait toujours un 36 éclatant de "lissitude"): Heu... Je ne rentrerai jamais dans tes jeans, tu sais ?

G (après trois secondes de silence): Je te parlais de vêtements pour ta fille. Tu sais, le bébé, là que tu pousses en ce moment dans une gigantesque poussette.

...

...

16h40:

Moi (toute émue): Oh, ma B, comme tu es élégante !

B (d'un air malicieux): Et, c'est que je suis une femme en quête d'un travail, moi !

Moi (en regardant ses jolies boucles d'oreilles et ses petits accessoires): Mouais. C'est sûrement pour cela que j'écris de chez moi...

B: Oui. Je me souviens de ces périodes, entre les biberons et les sorties poussette, durant lesquelles je m'habillais aussi peu élégamment que toi. Ce n'est pas évident tous les jours. Je te comprends.

...

...

17h06:

D: Oh, ma chérie, ma jolie ! Que tu es belle !

Moi: (silence, coup d'oeil rapide dans le couloir en quête d'un miroir. Rien)

D: Oh, bonjour jolie poupée !!!!!!!!!!!!!!!! Et sa maman. Comment vas-tu ?

Moi: Moi ? C'est à moi que tu parles ? J'irai la prochaine fois que tu me verras et que tu me diras "Bonjour jolie poupée et sa fille" !!!!!!!!!

Na.

Qui a dit que les copines étaient là pour remonter le moral ?

 

 

 

jeudi
sept.292011

L'art du rangement... en dedans ;-)

Finalement, j'ai l'impression d'avoir passé une bonne partie de la semaine dans ce fameux gilet du lundi à essayer de ranger mes idées, mes envies, ma penderie. Je me suis régalée des quelques photos que j'ai vues de-ci de-là du dernier livre d'Ursus Wehrli sur L'art du rangement.  Il est tout bonnement incroyable !

J'en suis au stade ces jours-ci d'avoir moi aussi envie de ranger mes pâtes alphabet. Un vent d'ordre, une supplication traverse la maille de mon cerveau d'un air de dire "prends le temps, prends le teeeeeeeeemps" de ranger même la plus petite chose insignifiante sur ton bureau.

Pour autant, je ne me sens pas oppressée. D'habitude, quand j'ai besoin d'ordre, c'est que j'étouffe. Là, j'ai comme un besoin urgent de reprendre contact avec le moindre objet sur mon chemin, comme si j'avais trop longtemps oublié le blanc nacré de cette vieille bassine dans laquelle traînent les mêmes cirages, brosses à chaussures et peaux de chamois que personne n'utilise jamais depuis des années. Ou ce fameux noeud dans le bois de la chaise de mémé. Celui qui me faisait croire que la chaise avait un oeil quand j'étais petite. Je n'aimais pas être regardée par cette chaise mais maintenant elle m'amuse. :-)

Je vous prie donc de m'excuser si je ne tiens pas mes rendez-vous du jeudi ni du vendredi en cette petite penderie sociale qu'est ce blog. Je redécouvre plein de trucs chez moi ;-)

 

PS: Le savon noir enrichi à l'huile de lin et à la glycérine a l'odeur de la colle Cléopâtre (un truc que la génération Uhu comprendra difficilement). Je ne rêve plus que d'une chose: mettre les meubles, le mari et les enfants dehors pour laver le sol avec l'impression d'être à l'école primaire. D'ailleurs, quand j'y repense... je crois que je rendais folle une certaine maîtresse avec ma façon de laver le tableau leeeeeeeeeentement, leeeeeeeeeeeentement, toujours dans le même sens, en faisant le même mouvement. (et mon animal fétiche, à cette même époque, était la vache ;-))

M'en vais renouer le contact avec mon balais et une certaine sacoche en cuir qui a pris la poussière depuis sa dernière sortie.

Je n'ose plus proposer de rendez-vous hebdomadaire à qui que ce soit mais si le coeur vous dit de discuter un peu de l'âme de vos objets fétiches ou oubliés, une nouvelle rubrique va s'ouvrir pour les accueillir (si on le prend mensuel, ce rendez-vous, je ne me mouille pas trop ?) ;-)

Bonne fin de semaine à vous tous.

 

 

 

lundi
sept.262011

Le gilet du matin

En général, à cette époque de l'année, quand j'ai un coup de pompe, je me planque derrière un gilet ni fin ni épais, juste assez ample et doux pour me croire entourer d'une paire de bras masculins ni oppressants ni trop câlins. Je le choisis de couleur douce, nature, avec des boutons si possible pas trop gros, en écaille, et j'arpente les rues et mes multiples réveils avec cette sensation que presque rien ne peut m'arriver. C'est d'ailleurs ce "presque" qui donne sa dimension au gilet du début d'automne. S'il enveloppe au point de me faire croire que rien ne peut m'arriver, il devient aussi étouffant qu'un mauvais mariage mais si son créateur a eu la présence d'esprit de le rendre aussi chaud et aérien qu'un homme né sous le signe du Verseau, alors on peut espérer sortir protégée sans toutefois se sentir prisonnière. Au gré des températures ascendantes de la journée, d'un coup de bise ou de blues, on a tout loisir de le resserrer contre nous, ouvrir un bouton, deux peut-être, laisser le vent et l'aventure passer au travers d'une maille aérienne mais enveloppante.

Le gilet de début d'automne est un vêtement-refuge par excellence qui doit laisser libre de s'enfuir à chaque instant. Peu de marques en maîtrisent l'art. Il est parfois trop strict, parfois trop gros, trop pépère, trop mohair, lâche, évanescent,  descente de lit, un tantinet trop long ou ridiculement trop court comme l'esprit d'un mauvais a(i)mant. Et pourtant, on ne lui en demande pas tant. Juste qu'il prenne soin de nous le temps qu'on sorte de notre cocon.

Ce matin, malgré la chaleur annoncée pour la journée, je me loverais bien dans cette magnifique pièce  en alpaga et laine merinos créée par Miki Mialy le temps justement de sortir de mon cocon doucement, tout doucement...

Parce qu'il y a des lundis matins moins attrayants que d'autres et que j'aimerais quelques degrés de moins à l'affiche de mon thermomètre, juste de quoi justifier que je me planque sous quelques centimètres de douceur... avant d'attaquer cette chaude semaine les bras dénudés.

 

Votre week-end s'est-il bien passé ?