Hier, quand la sage-femme est arrivée à la maison, j'étais allègrement en train de me tartiner le mamelon gauche de graisse de laine, la Lulu avachie sur le lit entre mes jambes. C'était un de mes grands moments "Monique Crochon", un moment durant lequel on se sent si femme que le sex-appeal de Monica Belluci, en comparaison, c'est juste du pipi de souris.
La sage-femme était fort jolie. Mince, élancée et souriante comme la Cerise de Groupama débarquant dans sa tenue de cow-girl. Elle avait une belle peau hâlée contrastant espièglement avec l'éclatant liserai blanc de son soutien-gorge.
Moi, en face, j'ai essayé de lui rendre son sourire en me débatant avec le mien, un vieux soutien-gorge d'allaitement distendu, plus écru qu'étincelant, parfait pour les montées de lait. Derrière, l'homme la suivait, l'air totalement blasé.
Pourtant, quand elle est partie, je n'ai pas pu m'empêcher de demander à Sergent:
- Diiiiiiiiiis, est-ce que tu m'aimes ?
- Oui, plus que tout (réponse habituelle qui devrait être satisfaisante mais...)
- Et ma poitrine ?
- Je l'adore.
- Et mon corps ?
- Oui.
- Et mon ventre ? Dis, mon ventre, il ne te dégoûte pas trop depuis qu'il est tout "floc-floc" ?
- Mais non. Tu viens d'accoucher. Qu'est-ce que tu as ?
- Euh... rien.
Ce que j'ai, bichons et bichounettes à talonettes, c'est que l'homme, en moins d'une semaine, a réussi à:
- me voir vomir sur le tablier d'une charmante étudiante en pleine salle d'accouchement
- contempler l'entrée de ma grotte avant et après sa restauration
- assister à une séance de mise au sein unique durant laquelle Lulu et moi étions nues comme des vers luisants entre deux auxiliaires de puériculture (un grand, grand moment) dont l'une cherchait à stimuler un sein tandis que l'autre stimulait le bébé, tout ça en transpirant comme des phoques échoués dans un hammam libyen...
- croiser une bonne dizaine de nanas qui m'ont trituré les tétons comme jamais il n'a eu le droit de le faire dans sa vie
- me tenir compagnie pendant que j'étirais mes mamelons dans des tire-lait électriques
- et j'en passe...
Autant de moments "Monique Crochon", de grands moments d'exception, qui font que je me sens moins femme que tout à ses yeux depuis que j'ai accouché.