Le pouvoir et le sexe
mercredi, mai 18, 2011 at 8:29AM D'après le Guardian, la France va peut-être enfin arrêter de fermer les yeux sur les histoires de Q de ses leaders grâce à l'affaire DSK. Doit-on le remercier pour autant de nous ouvrir les yeux sur cette "douce" berlusconisation de notre beau gouvernement ? Surtout que, depuis quelques années, notre cher président a ouvert la voie à un journalisme plus anglo-saxon. Du coup, la France, pays qui se veut unique, se retrouve à une place vraiment unique. Comme si Berlusconi se faisait soudain juger par les pairs de Clinton. Avouez que ce serait comique. Mais ça ne l'est pas.
Avant l'arrivée de la pauvre femme de ménage, DSK se lavait gaiement dans sa salle de bain new-yorkaise tandis que Newt Gingrich voyait son mariage passé au crible. Deux hommes prédisposés à se présenter à la présidence de leurs pays. L'un est socialiste et multiplie les frasques dans un état où l'on s'attarde plus sur les moyens de transport qu'osent utiliser leurs dirigeants (l'avion pour Fillon, la Porsche pour DSK...) que l'endroit où ils garent leurs engins de bagatelle. L'autre est républicain dans un pays où les fellations illégitimes n'ont d'égal que le Watergate. Lui aussi en est à son troisième mariage. Lui aussi est renommé pour son infidélité et les scandales que ses frasques sexuelles déclenchent a... et on peut finir par se demander si les hommes de pouvoir n'ont pas un problème avec le sexe. Seraient-ils restés au stade phallique ? Le pouvoir les déshiniberait-il totalement ?
Dans une interview accordée à l'Express, le psychiatre Philippe Brénot estime qu'un homme de pouvoir qui commet une agression sexuelle telle que décrite dans l'affaire DSK souffre d'un trouble de la personnalité et non d'une addiction au sexe car "l'addiction n'implique absolument pas le non-consentement du partenaire et l'agression sexuelle". Il souligne également qu'une position de pouvoir atténue les forces répressives qui nous habitent mais "pour que ces pulsions deviennent partiellement impossibles à réprimer, il faut des complices". Dès lors, la famille, l'épouse, l'environnement proche, les conseillers... Tous peuvent être considérés comme complices s'ils le laissent constamment agir impunément.
"Il y a une sorte de déni chez la personne, qui se dit: "Je suis tellement habitué à dépasser les limites sans me faire sanctionner que je ne vois pas pourquoi on m'interdirait de continuer maintenant.""
Ca sent l'enfant roi, à croire que les mères des grands de ce monde ne sont pas des adeptes de Naouri...
