Le dernier homme bon - extrait
dimanche, mars 27, 2011 at 1:17PM Dimanche, 11h06: Je m'installe enfin devant mon ordi en me demandant si je vais avoir le temps de :
- commander un jean qui ne va pas tomber sur mes mollets au moindre mouvement,
- vous raconter tout ce qui me passe par ma tête ces derniers jours,
- lire les dernières aventures de Poumok, du Chichi et de la Mère Joie,
- faire une recherche sur le muguet du nouveau-né,
- et trouver la B.O de Moi, Moche et Méchant pour les miochouilles Pepper.
Dans mes stats, je vois que les rares personnes qui sont venues ce week-end sur le théorème sont passées via Le dernier homme bon, excellent polar d'Anders R. Klarlund et Jacob Weinreich qui se sont réunis pour l'occasion sous le pseudo de A. J. Kazinski. Pour moi, l'écriture d'un roman à plusieurs mains révèle de la prouesse littéraire. Aussi, je suis ravie d'avoir lu il y a peu que les deux hommes allaient développer le personnage principal, Niels Bentzon, dans un second roman dès l'année prochaine.
Comment ont-ils fait pour écrire cette histoire ensemble ? Je profite que mon homme bon à moi donne un bain à la Lulu pendant que les minis regardent pour la 18e fois Moi, Moche et Méchant pour vous livrer les réponses des deux auteurs avant de vous faire découvrir un extrait du Dernier homme bon.
Comment vous êtes-vous organisés pour écrire à deux ?
"Le fait d'être à deux a rendu le processus d'écriture plus amusant et, de temps en temps, plus conflictuel, naturellement. Mais nous nous étions bien préparés avant de commencer. Nous savions où nous allions. Nous avons loué un petit bureau avec vue sur le cimetière juif. Puis, chaque jour, nous nous asseyions face à face et, de 8h30 à midi, nous devions écrire cinq pages chacun avant de rentrer pour le déjeuner. Nous avons commencé le 3 janvier et terminé le 1er avril notre premier jet. C'était très motivant de voir les jours rallonger peu à peu - et le roman épaissir. Nous possédions tous les deux une expérience du travail collectif dans le cinéma. Aussi, nous savions comment cela fonctionne et comment tirer le meilleur de chacun."

Et, pas de doute, l'intrigue est très bien ficelée et rythmée. En voici un extrait avant d'aller badigeonner les plis de la Lulu d'huile d'amande douce:
"Elle plaqua la main contre le micro et fixa Niels.
- Des meurtres aux numéros ? Est-ce que ce sont des numéros qu'ils ont sur le dos ? Demandez lui des précisions.
(...)
Elle colla sa main contre son oreille et s'éloigna.
Niels la suivit des yeux.
Du coin de l'oeil, il vit le chat s'approcher lentement. Il s'assit et lui fit renifler sa main. Son regard tomba sur la photo de Hannah et de son fils, puis glissa vers une petite bibliothèque sur laquelle un album était ouvert sur six photos qui retraçaient toute son histoire. Hannah - peut-être dix ans plus tôt -, posant avec un prix scientifique entre les mains et un large sourire. Elle était jeune, belle et débordante de vie et d'ambition. Le monde était à ses pieds. Elle le savait et jouissait de la situation. Deux photos de Hannah et Gustav, un homme remarquablement séduisant d'une cinquantaine d'années, les cheveux bruns plaqués en arrière, les yeux foncés, grand, large d'épaules, sûr de lui. Le genre d'homme à collectionner les admiratrices, les regards charmeurs ainsi que les propositions coquines. Une photo de Hannah pendant sa grossesse, posant en plein milieu du pont de Brooklyn, enlacée à Gustav. Niels étudia la photo de plus près. Peut-être était-il devenu trop policier, avec le temps - un rôle qui lui sortait par les yeux par moment -, mais il ne put s'empêcher de remarquer que, tandis que Hannah fixait l'objectif, Gustav, en revanche, regardait ailleurs. Qui ? une jolie femme qui passait devant eux sur le pont ?
(...)
- Il m'a parlé d'un vieux mythe.
Hannah se tenait juste derrière lui et lui tendait son téléphone. Avait-elle remarqué qu'il était en train d'examiner ses photos ?
- Un mythe ? Quel mythe ? demanda-t-il en se retournant.
- Une histoire de trente-six justes. Tirée de la Bible, je crois. Je n'ai pas tout compris. Mais vous ne trouvez pas cela fascinant ? Certains de ces meurtres ont été commis à environ trois mille kilomètres de distance. C'est pour cette raison qu'il vous a contacté. il semblerait qu'il y ait justement trois mille kilomètres entre le lieu du dernier crime et...
- Copenhague, la coupa Niels."
(...)
