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samedi
sept.172011

Chacun cherche sa chambre...

J'ai besoin d'une chambre à moi et rien qu'à moi.

Ne cherchez pas à entrevoir là quelques soucis de couple, j'ai toujours été ainsi même si, depuis la naissance de Lulu, ce besoin est renforcé par le fait qu'il manque une chambre dans cet appartement.

Suis-je pour autant une ado attardée qui a besoin d'avoir une porte derrière se cacher et danser comme une folle pour évacuer le stress de certaines journées ?

J'ai besoin d'une chambre-refuge, une chambre-atelier, une chambre-pour-me-bercer dans laquelle s'étaleraient comme autant d'amants mes cahiers et carnets, mes feutres et mes stylos sans me soucier d'un quelconque danger pour des petites mains potelées qui viendraient à s'égarer.

Une chambre avec un lit double (pas king size, juste double) dans lequel je dormirais en travers, jambes et bras écartés comme si je voulais escalader la face Nord de mes rêves.

Une chambre dans laquelle j'inviterais l'homme pour quelques câlins clandestins comme à l'époque des baisers volés de l'adolescence.

Une chambre sans âge parce que je me demande, finalement, si je n'ai pas passé l'âge de prétendre choisir un âge plutôt que les embrasser tous: j'y exhiberais sans honte les plus beaux livres de contes de mon enfance à côté de mon dernier soin anti-rides. Mon placard serait petit mais rien qu'à moi et les vêtements les plus fantastiques seraient sur un portant à côté d'un petit fauteuil moelleux. Anna karénine s'acoquinerait avec Patrick Swayze. Mes jambières et vieux justaucorps fluo flirteraient avec mes envies de lavallière et ne snoberaient pas mes culottes de mémères pour les jours "san(g)s"

Il y aurait du rose et de la fleur, un peu, juste pour satisfaire la petite fille en moi. Des petites touches jaunes et orange comme les couvertures des livres de design que je n'ai plus le temps de peler depuis des années. Un baldaquin, peut-être, pour satisfaire un fantasme de gosse obsédée par les lits de princesse mais aussi pour en réaliser d'autres derrière les voilages. Un bureau d'architecte, une coiffeuse. Des fleurs, des pointes de rouge pour la passionnée qui a tendance à s'oublier, des pots en métal et une nouvelle collection d'orchidées comme celle que j'ai dû abandonner dans mon ancien studio. J'aurais un paravent pour l'exotisme et le jeu, des malles pour mes voyages immobiles, une barre  même si mon tutu n'est plus que décoratif. Je mêlerais du jeune, du vieux, des inspirations venues d'ailleurs, des trucs de pin-up, des coquillages, des vieux lacets, une roue de vélo, des boutons que je ne recoudrais peut-être jamais mais que j'aime prendre à pleine poignée, comme des bonbons, dans le pot qui leur est réservé et tout ce fouillis serait ma chambre-atelier, ma chambre-refuge pas une chambre de maman ou d'épouse, juste ma chambre à moi, rien qu'à moi, même pas au chat.

 


1/ Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, Photograph: Everett Collection/Rex Features

2/ Chambre à coucher de Jeanne Lanvin, Armand Albert Rateau (1882-1938), France, 1925 © Les Arts Décoratifs. La chambre réalisée en 1925 est entièrement revêtue de soie « bleu Lanvin », ce bleu dont Jeanne Lanvin se serait éprise en découvrant les primitifs italiens. La tenture ornée dans sa partie inférieure de motifs de palmes, rosaces et marguerites, en hommage à sa fille Marguerite, plus tard Marie-Blanche de Polignac, fut brodée mécaniquement dans les ateliers de broderie de Jeanne Lanvin avec fils de coton blanc et orangé et de fils de cuivre. Le dessus de lit, les rideaux et les caches-radiateur sont réalisés dans le même tissu brodé. Le motif principal, la marguerite, se retrouve sculpté dans le bois sur la large plinthe à arceaux et sur les entourages cintrés des passages. Les pièces les plus importantes du mobilier sont réalisés en bronze patiné façon antique, certains reprennent le motif de la marguerite, d’autres le motif des faisans qui se retrouve dans le boudoir. Ce mobilier est complété par des sièges en chêne vernis et tapisserie au point, passe-temps favori de Jeanne Lanvin. Les poignées de porte en bronze doré sont agrémentées de boules presse-papier, objets collectionnés par la couturière. La chambre est séparée du boudoir par une grande baie-vitrée qui confère au lieu une certaine théâtralité. Pour restituer la couleur originale, la tenture de soie présentée dans la chambre de Jeanne Lanvin a été refaite à l’identique selon le modèle d’origine conservé dans les collections du musée, les broderies ont été refaites à la main dans des ateliers indiens.

3/ Fluffy tent, AnOther

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Reader Comments (9)

J'ai ma propre chambre, depuis la naissance de la gosse. Vers la fin de la grossesse, je me levais tout le temps et je réveillais monsieur. Je suis donc allée dormir sur le canapé de la chambre de la futur gosse. Et là, miracle incompréhensible, malgré ma fin de grossesse, mes multiples réveils, mon inconfort chronique, je me réveillais le matin en pleine forme.
Il l'a fallu un moment pour comprendre : j'ai le sommeil léger et il ronfle. C'est con, mais pendant toutes ces années, ses ronflements me réveillaient sans cesse toute la nuit et le matin, je démarrais la journée complètement crevée. Mais cela faisait tellement longtemps que ça se passait ainsi que j'avais oublié que je pouvais me lever en forme. Je pensais juste que j'avais une "nature" fatigable et ça me faisais chier d'être léthargique tout le temps.

À partir du moment où j'ai compris que pour péter la forme, il suffisait de bien dormir, le lit conjugal a appartenu au passé.
Par contre, mon con de chat ne veut rien savoir et doit se considérer comme le locataire légitime de ma couche!

septembre 18, 2011 | Unregistered CommenterLe Monolecte

Comme je te comprends ! Je ne dors jamais si bien que quand j'ai un lit à moi toute seule. En dehors des ronflements que je connais bien aussi, il y a la question du réveil. Je ne sais comment font les autres couples mais je ne peux me rendormir après avoir entendu la sonnerie de son réveil.
Par contre, si j'arrive enfin à avoir mon propre espace, que j'arrive à gicler les enfants et le mari de là, hors de question d'y laisser entrer le chat ne serait-ce que par un poil :-)
Passe un doux dimanche.

septembre 18, 2011 | Registered CommenterFlannie

Il faut lire "Une chambre à soi" de Virginia Wolfe alors ;-) Tu ne douteras plus alors de la nécessité de cet aménagement :-) J'ai aussi une petite pièce que je me promets bien d'aménager pour moi, même si pour le moment, je ne suis pas passée à l'acte. Je comprends tout à fait ce besoin de s'enfermer ne serait-ce que quelques heures ;-)

Marie

septembre 18, 2011 | Unregistered CommenterMarie

Le rêve ! Le jour où je pourrai avoir cette pièce moi aussi, même sans lit, mais une pièce bureau/atelier/fourres-y-ma-vie, ce sera vraiment le pied ! (mais j'imagine que l'homme voudra la sienne aussi, un bureau/atelier informatique/fourres-y-ses-merdes, et donc il faudra prévoir une maison vraiment très grande ! ^^)

septembre 18, 2011 | Unregistered CommenterPoumok

@ MARIE: "A room of one's own", bien sûr ! Je l'ai étudié à l'école en choisissant l' option "féministes britanniques dans la littérature anglaise". Comment ai-je fait pour l'oublier ?

@ POUMOK: Oui, c'est un problème. Ici, il faudrait 6 chambres (parce que l'homme en veut une aussi et une autre au milieu pour les ébats et les petits déjeuners au lit sauce Ricoré.) Tu joues au Loto parfois ? Moi non mais faudrait y songer pour atteindre ce nirvana ;-)

septembre 18, 2011 | Registered CommenterFlannie

Comme je te comprends ! Encore que je me contente d'un coin à moi dans la chambre commune, mais Monsieur, vu ses horaires, n'est jamais là, ce qui revient au même. J'aime beaucoup tes images et descriptions de chambres....

septembre 20, 2011 | Unregistered CommenterHélène (ex-Fanette)

Tu veux simplement un boudoir, c'est tout à fait féminin et légitime. Je l'ai enfin "ma chambre à moi" j'ai connu les ronflements et les grincements de dents (c'est horrible), comme beaucoup de filles j'ai eu le sommeil cassé et moi le manque de sommeil c'est terrible, mes enfants jeunes le savaient et ne me dérangeaient pas les w.e. (supers compréhensifs eux !!). Dans Paris avoir une place pour chacun est rare donc cher, continue de rêver et d'espérer le gros lot du loto -surtout si tu ne joues pas.

septembre 20, 2011 | Unregistered Commenterlinette

@ HELENE: je me demandais justement en écrivant cette note si tu avais beaucoup d'espace, si l'espace était un luxe ou non là où tu vis aujourd'hui.

@ LINETTE: le mot "boudoir" me fait rêver............. Est-ce que ton mari a bien pris ton besoin d'espace personnel ?

septembre 20, 2011 | Registered CommenterFlannie

mon dieu, je découvre avec stupéfaction que je ne suis pas la seule!!! après des années à me réveiller fatiguée, après de dures épreuves, je ne peux que dormir seule, je plonge alors avec délives dans les douceurs de la nuit réparatrice... mais qu'en est il de l'homme? eh bien l'homme ne comprend pas, l'homme se sent exclu, l'homme se sent seul est désespère que l'on reprenne le fonctionnement si conventionnel du lit "à2".... avez vous vecu aussi cela,???

janvier 24, 2012 | Unregistered Commenterclaire34m

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