L'art de vivre sa vie ou de la subir
mardi, octobre 4, 2011 at 11:24AM
Que répondez-vous quand on vous demande si vous allez bien alors qu'il fait beau, que vous êtes en bonne santé, que vos enfants brillent comme des soleils, que vous avez un mari présent, doux et aimant ?
Que tout va à merveille, évidemment. Et votre mari répondra de même s'il est galant.
Pourtant, un échange de regards presque imperceptible par notre interlocuteur nous rappelle parfois qu'il manque un ingrédient à ce bonheur, un petit quelque chose qu'on aurait tort de citer tant il paraît vulgaire de nos jours.
La certaine réalisation de quelques ambitions dont on ne peut se dire frustrer puisque son absence est adoucie par les joies que procure notre amour.
La semaine dernière, j'en faisais part à mon amie qui vient de se réinscrire à Pôle Emploi après 15 ans "hors circuit" à élever (et fort bien !) ses 4 ans. "C'est pareil", m'a-t-elle répondu, en m'offrant un bout de baguette croustillante sur la route. "J'ai une belle vie mais j'ai l'impression de la subir. Tu comprends ? Subir ma vie. Et là, j'ai envie de la vivre."
C'est comme la pluie: on peut la vivre ou la subir :-) Et elle m'inspire tellement avec son chapeau de pluie à pois que j'ai envie de m'offrir avant les déferlantes de vendredi un chapeau de pluie à l'élégance désuette, histoire de ne pas la subir sous la capuche de ma parka mais de bel et bien la vivre, cette première pluie d'automne ;-)
*chapeau de pluie Nathalie Lété pour Monoprix

Reader Comments (4)
C'est une jolie comparaison !
Et même pour ceux qui vivent leurs rêves -ou du moins qui essayent-, ce n'est pas toujours évident de vivre plus que de subir (j'ai pour exemple une amie qui s'est lancée dans le théâtre il y a quelques années et qui, comme beaucoup, rame pour avoir un salaire et pouvoir vivre indépendante... Et ce n'est pas franchement drôle, aussi passionnantes qu'aient été ses études et aussi chouettes que soient ses projets !
Le côté pratique de la vie vient souvent tout fiche en l'air. Bouh.
Je suis tout à fait dans le même questionnement ! Continuer de travailler pour pouvoir vivre, et faire de mon désir d'écrire un passe-temps ? Ou bien tout balancer, me jeter sans parachute en me disant que si la chenille se souciait du «comment», bien peu d'entre elles deviendraient des papillons ?
Il y a un proverbe chinois qui dit que le monde laisse toujours passer celui qui sait ou il va... Je me dis alors et si, et si et si....
Pas de réponses toutes faites, j'en ai bien peur !
Marie
Comme tu as raison! Essayer de ne pas subir sa vie... Ou prendre la vie du on coté, c'est selon. Je retiens le proverbe chinois de Marie. Les proverbes chinois m'épatent toujours.
Et puis sacrée trouvaille que ce chapeau de pluie de Nathalie Lété. L'oserais-je?
C'est amusant que tu parles de ça, il y a peu, en plein été, j'ai eu très exactement le même sentiment, mais avec le vent...